• Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2019-06-26

    On y trouve des âneries consternantes, comme le déni du dimorphisme sexuel. Les femmes courent en moyenne moins vite que les hommes, et les meilleures femmes courent moins vite que les meilleurs hommes, c'est un donné biologique.

    Et les femmes portent des enfants beaucoup plus facilement que les hommes, par contre...

    Par ailleurs les conneries lamentables du genre "c'est à cause de l'oppression masculiniste que les femmes son plus petites" me mettent en rage. Les femelles gorilles sont plus petites que les mâles, est-ce une oppression masculiniste? Les femelles primates sont à peu près partout et toujours plus petites et moins fortes, c'est juste un constat objectif. Si nous étions des rapaces, les femelles seraient plus grandes et plus grosses que les mâles, par contre.

    Parfois il faut s'arrêter deux secondes pour admettre que toute la réalité n'est pas uniquement faite de constructions sociales... Sortir de l'hybris comme quoi tout serait négociable et une question de volonté. C'est un état d'esprit fondamentalement capitaliste et colonial, en plus.

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  • entreleslignesentrelesmots@framasphere.org
    entreleslignesentrelesmots@framasphere.org
    2019-06-26

    cela ne semble pas si simple
    et traiter les divergences comme des "conneries" ne relèvent pas du débat

    Les inégalités de genre pourraient « être enregistrées » au niveau du génome, jusqu’à devenir ce que nous identifions ensuite comme des caractères « sexués »

    Priscille Touraille : hommes grands, femmes petites : une évolution coûteuse – les régimes de genre comme force sélective de l’adaptation biologique

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2014/10/22/les-inegalites-de-genre-pourraient-etre-enregistrees-au-niveau-du-genome-jusqua-devenir-ce-que-nous-identifions-ensuite-comme-des-caracteres-sexues/

    #féminisme

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  • Cabri L
    Cabri L
    2019-06-26

    Ce qui est consternant d'ânerie, c'est de sentencier sur les nécessaires raccourcis d'un article - sinon ça s'appellerait un livre, des livres plus exactement - pour justifier une théorie qui s'appuie sur "la moyenne", concept absolument biaisé, partial et parcellaire d'une question éminemment complexe. Choisir la comparaison aux gorilles pour "prouver" et faire dire au passage ce que cet article ne dit pas au demeurant, ça s'appelle du sophisme - pour ne pas dire de la mauvaise foi - on ne compare pas deux systèmes complexes, avec un manque de profondeur qu'on prétendrait dénoncer.

    Parfois, il faut s'arrêter deux secondes d'être un mâle arrogant et rageux qui connaît la - les - théorisations féministes sous prétexte d'avoir lu un article en diagonale avec son logiciel de Grand Critique qui n'a aucune besoin d'install update.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2019-06-26

    @GabriL si j'ai mentionné cette théorie en particulier, c'est justement parce que je me suis renseigné sur ce qu'elle recouvre, et sur le fait que les biologistes, les anthropologues, etc l'ont unanimement accueilli avec un grand éclat de rire, puis indignation quand elle a reçu une certaine audience médiatique. Le plus triste c'est ce que cela montre de l'état de la recherche sociologique, qui est complètement déconnectée de la méthode scientifique et parcourue de théories politisées, et non pas préoccupée de la compréhension de la réalité.

    C'est comme les débats avec les tenants de la terre plate ou les négationnistes du climat: je n'ai pas de patience et je ne vois pas au nom de quoi on devrait prendre des gants avec des zozos ou des hurluberlus. Il y a d'excellentes théorisations féministes et de très mauvaises, dont celle-ci en l'espèce.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2019-06-26

    @entreleslignesentrelesmots@framasphere.org oui je connais cette analyse, et le plus regrettable est de voir que certaines personnalités respectables y ont apporté du crédit. C'est terrible pour la science.

    C'est une analyse qui méconnaît profondément les lois de l'évolution en tentant d'y plaquer un système de valeur. C'est une approche totalement erronée. Évidemment qu'il y a une pression sélective sur les comportements qui influe sur les corps. La question n'est pas là, le problème est de vouloir y lire une intentionnalité à laquelle il serait d'une façon ou d'une autre possible, voire souhaitable de remédier.

    Comme je l'ai dit la différence de taille entre mâle et femelle est une caractéristique générale chez tous les primates. On doit donc admettre que les mâles macaques ou ouistitis pratiquent une oppression de genre sur les femelles macaques (puisque les mâles babouins, macaques, ouistiti etc. sont plus grands et plus lourds que les femelles). Le problème est qu'on rentre immédiatement dans des considérations éminemment non falsifiables, donc absolument non scientifiques.

    À ce compte on peut aussi bien affirmer l'oppression sexiste des mâles dans les sociétés d'insectes, abeilles, fourmis et termites. On peut construire des réflexions intéressantes, stimulantes et débattre infiniment de ce genre de sujets, comme les scolastiques discutaient du sexe des anges ou du nombre d'anges qui tiennent sur une tête d'épingle. C'est tout ce qu'on veut, sauf un progrès de la connaissance. Personne n'aura jamais raison dans ce genre de débat.

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  • entreleslignesentrelesmots@framasphere.org
    entreleslignesentrelesmots@framasphere.org
    2019-06-26

    les biologistes et les anthropologues du siècle précédent ont défendu des thèses sur la supériorité de certaines races humaines, sur la supériorité des hommes et des femmes... au nom de considérations "non falsifiables"...
    des scientifiques hier comme d'autres aujourd'hui qui oublient d'où ils parlent...
    oui la biologie ou l'anthropologie, en ne prenant pas en compte les dominations, ne peut que produire des résultats biaisés, ce qui ne dit rien de l'impact possible des discriminations, qu'il faut étudier historiquement...

    Les "lois de l'évolution" ont servies de multiples crimes contre l'humanité. L'intentionalité est une invention, comme la "neutralité" scientifique.
    Le dimorphisme dans l'espèce humaine est relativement faible en regard d'autres espèces ou d'autres critères... mais surtout il n'induit pas l'assignation de rôles sociaux. ce qui par ailleurs est bien la position de multiples "scientifiques"...
    Il faut lire les études de Priscille Touraille, les interrogations qu'elle porte avec une extrême prudence sur les contradictions entre la taille du bassin, par exemple, les processus de naissance, et le développement de l'espèce.
    L'interrogation sur les ressources alimentaires des unes et des autres est légitime, ces effets doivent être mesurées dans l'histoire et le temps longs.

    La controverse à vocation scientifique ne peut se passer de débats. Il fallait, et il faut montrer, du doigt, celles et ceux qui expliquent aujourd'hui, la supériorité d'un sexe sur l'autre, d'une race ou d'une culture sur les autres... sans oublier l'engagement de multiples scientifiques en faveur du fascisme, du nazisme, du stalinisme, de fous de dieu...
    l'évolution n'explique rien mais permet de comprendre des adaptations...

    #féminisme

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  • Cabri L
    Cabri L
    2019-06-26

    ah ouai je vois, éclats de rire, indignation, lois, et "unanimement" donc hein, c'est à dire l'unanimité de ceusses qui sont d'accord quoi ^^ du coup, on se demande contre qui ils s'offusquent, ah ben oui, contre des "rien", bien sûr. Et c'est ça "la méthode scientifique", moi qui croyait naïvement que la précaution première de la science était le débat contradictoire, plutôt que la censure du discrédit par la raillerie et le dénigrement (un peu comme pour tous les sujets dès qu'il sont pensés et étudiés par/pour des femmes, mais c'est pur hasard), de garder le doute sur ses observations (observer c'est déjà modifier "la réalité" de l'état de ce qu'on observe), de toujours être capable de (se) remettre en question et en tout cas de n'avoir jamais de certitude absolue, ni sur le protocole ni sur ses résultats ...comme c'est pratiqué par les scientifiques conservateurs depuis la nuit des temps en fait.
    La terre plate lol, on n'est plus très loin du point Godwin ^^

    Les fake news, c'est les autres, toujours! ^^ "C’est un état d’esprit fondamentalement capitaliste et colonial, en plus." et j'ajouterais de mâle blanc présomptueux #lHopitalQuiSeFoutDeLaCharité #FemellesIdiotes #ExpériencePeauDeBalle #NosMéthodesOntFaitLeursPreuves

    "La compréhension de la réalité", rigueur scientifique, mais oui! ah t'as fait ma journée XD Je me demande si tes "unanimes" valideraient unanimement la pertinence de tes posts quant à rendre avec sens leurs supposées positions, peut-être qu'ils éclateraient de rire, on sait pas...

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2019-06-26

    @entreleslignesentrelesmots@framasphere.org

    les biologistes et les anthropologues du siècle précédent ont défendu des thèses sur la supériorité de certaines races humaines, sur la supériorité des hommes et des femmes… au nom de considérations “non falsifiables”…

    Non, la science n'en était pas arrivé à ce stade. Et d'ailleurs, ces considérations ont été falsifiées quand elles étaient falsifiables, justement. Les opinions d'untel et le fait qu'untel soit un scientifique n'ont pas de rapport, et surtout le fait qu'untel soit scientifique ne fait pas de ses opinions de la science.

    Le dimorphisme dans l’espèce humaine est relativement faible en regard d’autres espèces ou d’autres critères…

    Oui. Il est grosso modo équivalent à ce qu'on constate chez les ouistitis. Il est plutôt moindre que chez les gorilles, il me semble.

    mais surtout il n’induit pas l’assignation de rôles sociaux. ce qui par ailleurs est bien la position de multiples “scientifiques”…

    Non, pas vraiment. Je ne connais aucun scientifique qui justifie par la science l'assignation à des rôles sociaux (sinon par argument d'autorité, éventuellement, mais voir ci-dessus science != opinion ).

    La controverse à vocation scientifique ne peut se passer de débats. Il fallait, et il faut montrer, du doigt, celles et
    ceux qui expliquent aujourd’hui, la supériorité d’un sexe sur l’autre, d’une race ou d’une culture sur les autres…

    Cette phrase se contredit elle-même. La controverse scientifique ne consiste pas "à montrer du doigt". Elle consiste à débattre de faits. Il est facile de démontrer que les hommes sont plus grands en moyenne que les femmes, ou plus forts en musculature; ça n'est pas sujet à débat. L'interprétation qui voudrait que ça dénote une supériorité est non-scientifique et n'entre pas dans le cadre du débat scientifique, parce que ce serait appliquer une grille de valeur qui est forcément relative, individuelle et non universelle.

    Alors il est parfaitement légitime de se demander pourquoi et comment les hommes sont plus grands et plus forts; mais on ne peut pas non plus utiliser une grille de jugement de valeur pour guider cette recherche. Ou alors on présuppose qu'il existe un Bien et un Mal (un système de valeurs) absolu... Ce qui est précisément la thèse, par exemple, d'un masculiniste comme Jordan Peterson. Les féministes militantes de fait tomberaient dans le même travers que leurs ennemis, c'est assez cocasse n'est-ce pas?

    sans oublier l’engagement de multiples scientifiques en faveur du fascisme, du nazisme, du stalinisme, de fous de dieu…

    Les engagements politiques des uns et des autres sont parfaitement orthogonaux avec la science. Le fait que James Watson (un des co-découvreurs de l'ADN) soit un raciste dégueulasse et un misogyne n'invalide en rien ses travaux scientifiques ou leur pertinence par ailleurs. C'est précisément la beauté de la science: il n'est nul besoin d'être d'accord avec la personne qui la pratique, ou de l'apprécier.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2019-06-26

    @GabriL les débats qui consistent à attribuer des bons points de moralité ne m'intéressent pas. En l'occurrence ce qui m'emmerde c'est la corruption de la science et de la connaissance, qui n'aide personne.

    Fort commodément, tu pars directement sur des présupposés infalsifiables, à savoir que la théorie n'est pas invalidée parce qu'elle est fausse, mais parce qu'elle émane d'une femme. Du coup évidemment, personne ne peut jamais convaincre personne, c'est tellement pratique. Tant qu'à faire, il est inutile d'essayer d'avoir une argumentation logique et rationnelle, puisque (c'est affirmé sérieusement par d'aucun.e.s) la logique et la raison sont "oppressives" et "blanches". Et hop, qui a besoin d'arguments?

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  • Cabri L
    Cabri L
    2019-06-26

    c'est bien ce que je dis: l’hôpital qui se fout de la charité. Celui qui cherche à avoir raison n'a pas le temps de chercher à comprendre, fort commodément.
    #PNpowa

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