• ropib@framasphere.org
    ropib@framasphere.org
    2019-11-04

    Le mec fait une confession sur son manque de rigueur scientifique et parle des autres qui feraient la même chose... je dirais que cette "confession" manque encore de rigueur scientifique. Je ne connais pas son travail, et je ne connais pas non plus les travaux de ceux qui sont estampillés "gender studies". Par contre je suis des travaux d'autres personnes, notamment des historiens qui se contentent de constate "l'existence d'une grande variabilité culturelle et historique"... à partir de là déjà ça veut dire que le genre et la sexualité (mais pas vraiment le sexe, par contre, je n'ai jamais vu quelqu'un dire une telle chose) ont bien une historicité.
    En revanche je pense depuis toujours que nous manquons de travaux sur l'identité, et nous manquons d'une bonne définition d'un contour de cette notion. Si l'identité est globalement un ensemble de caractéristiques permettant l'identification ou l'auto-identification, ce qu'on pourrait pourtant déjà appeler "face" je crois (et certains ne s'en privent pas), alors il nous faudrait un autre mot pour décrire les processus cognitifs de projection vers l'altérité qui permettent le passage de l'essence à l'existence, dont l'auto-identification ne serait qu'une toute petite part. Si on passe outre le terme "identité" qui cristallise bon nombre de confusions et qu'on parle de "face", qui est bien une construction de soi par rapport aux autres et que les autres mettent forcément à l'épreuve (et on le voit sur Facebook, qui en est un bon laboratoire à ciel ouvert), je pense qu'on peut avoir une approche assez sereine de ce qui se passe.
    L'autre grande confusion occidentale qui est en rapport avec cette question me semble être celle de conditionnement/liberté. En fait le conditionnement social n'est pas une mauvaise chose en soi, il n'est d'ailleurs absolument pas possible de se libérer de tout conditionnement social. Le souci c'est que le conditionnement social occidental entraîne une injonction paradoxale à vouloir se libérer de tout conditionnement. On peut décrire comment fonctionne les choses, on peut décrire notamment le conditionnement social à travers l'Histoire, comment il se retrouve aujourd'hui à nous commander à rejeter tout conditionnement social, on peut même étudier le phénomène d'embrouille des études sociologiques et les petits arrangements que certains peuvent faire... pour ce qui est d'en tirer des conclusions politiques par contre, c'est sans doute là que la tentation de sortir de la science est grande. Enfin il serai bon de revoir un peu toute la pensée philosophique de la liberté, car finalement l'injonction à la liberté (dont le support serait la notion de "libre arbitre" chez les chrétiens ? je ne sais pas) me semble souvent construite sur une représentation naïve de cette notion.

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  • Laurent Martinez
    Laurent Martinez
    2019-11-04

    Ce qui est fou, c'est que ce mec a eu un doctorat en faisant du cherry picking de base. Quand on consacre docteur des sophistes, on sait qu'il n'y a pas un grand rapport entre la Science et le milieu universitaire. Oui, je généralise car mon expérience m'y pousse très largement. :) Ceci n'est pas juste un cas isolé, c'est le symptôme d'une maladie chronique.

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