• Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2020-10-01

    L’annonce du président chinois brise cette logique, et c’est en cela qu’elle est d’importance historique : devant l’enlisement des États-Unis dans une crise démocratique, devant les ambiguïtés du plan de relance écologique européen, la Chine prend les devants et ouvre une brèche en signalant qu’il est désormais possible, voire nécessaire, de poursuivre une politique de puissance sans l’appui des énergies fossiles. Car évidemment le plan de financement d’une infrastructure productive décarbonée ne signifie pas que la Chine renonce à son rêve de développement et d’influence géostratégique. Simplement elle annonce qu’elle fera désormais reposer son pouvoir – à la fois son moteur économique et son socle stratégique – sur d’autres possibilités matérielles. Celles-ci sont encore mal connues, et vont manifestement laisser une large part au nucléaire1, mais elles contiennent en germe un déplacement des rapports de pouvoir entre la Chine et le monde.

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