• Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-05

    Prenons l’exemple du « judéo-bolchevisme ». Lorsqu’elle s’est diffusée, au début des années 1920, dans certains milieux anticommunistes et antisémites, l’expression « judéo-bolchevisme » signifiait que le bolchevisme était un phénomène juif et que les bolcheviks étaient en fait des Juifs (ou des « enjuivés »). C’est la thèse d’Alfred Rosenberg et de Dietrich Eckart dès 1919, reprise par Hitler à partir du printemps 1920. Il n’en va pas de même avec l’expression « islamo-gauchisme », qui ne signifie pas que le gauchisme est un phénomène musulman ni que les gauchistes sont en fait des islamistes.

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  • Cédric Stevant
    Cédric Stevant
    2021-03-05

    Il reste tout de même que ces associations de mots ne servent in fine qu' à placardiser des pans entiers de la pensée politique, incluant beaucoup de gens qui, de bonne foi, ne peuvent pas se reconnaître dans ce genre de concepts fumeux. C' est ainsi que certains se pensent permis de me reconnaître comme islamo-gauchiste, d' autres ; voire les mêmes, on est pas à une contradiction près ; comme rouge-brun et que mon attachement au droit des peuples à disposer d' eux-mêmes peut s' assimiler, dans leurs esprits esprits étriqués, à de l' antisémitisme ou du délire décolonial. Alors que pour ma part, je ne me reconnais que dans la lutte des classes pour une société plus juste et égalitaire.
    La naïveté ce n' est pas l' utilisation d' un mauvais mot accolé à un autre, c' est de penser qu' en accolant simplement deux mots on puisse définir ce qui est mauvais, le monde est trop complexe pour s' en tenir à cette facilité.

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